

ℒa sculpture apparaît dans sa vie au début des années 1990, dans un contexte d’instabilité personnelle profonde.
Elle ne naît pas d’un projet réfléchi, mais s’impose à lui, de manière involontaire, comme un reflet direct de son présent.
Elle devient immédiatement un chemin, dans lequel il se plonge à corps perdu.
Autodidacte, il travaille le fer, une matière brute, vivante, remplie d’énergies, qu’il transforme en formes expressives dans lesquelles il donne vie à des sentiments et des émotions.
Installé à Collioure, il développe ses premières œuvres.
Suite à une exposition dans la ville, il reçoit une commande majeure de l’église : la réalisation d’un maître-autel et d’un Christ en croix. Son travail prend alors une dimension profondément symbolique, sacrée.
Face à une situation nouvelle -la naissance de son premier enfant- et pour assurer le bien-être et la sécurité de sa famille, il fait le choix difficile de s’éloigner de la sculpture. Il accepte ce sacrifice et quitte le sud pour rejoindre Grenoble.
Là, fort d’un CAP plomberie acquis dans sa jeunesse, il fonde son entreprise en tant qu’artisan.
En quelques années, l’activité prospère : il devient chef d’une entreprise d’une vingtaine de salariés, construite par son travail et sa rigueur.
Il a alors abandonné l’idée de reprendre un jour la sculpture, mettant une partie de son être de côté, en veille.
Malgré cette réussite, il ne se sent pas à sa place dans ce monde. Son travail n’a alors qu’un seul sens : assurer le bien-être et la stabilité de sa famille.
Une nouvelle période d’instabilité survient avec la séparation. Ce cadre familial, qui donnait sens à tout, disparaît.
Il perd alors complètement ses repères et le sens de sa place dans le monde.
Puis la création réapparaît de façon salutaire, une seconde fois.
Il commence à dessiner dans son entreprise. Peu à peu, une œuvre émerge, comme la révélation du présent. Le processus agit comme un reflet, un médium -presque une boule de cristal- où l’inconscient s’exprime et se révèle comme un dernier recours.
C’est à ce moment que l’art reprend toute sa lumière et toute sa puissance, redevenant un guide.
De nouveau, le lien indéfectible reprend vie. De nouveau, ce feu, cette lumière, animent toute sa passion.
Pour la deuxième fois, cette voie s’impose à lui comme une raison d’être. Il quitte tout, vend son entreprise, et prend la route sans destination précise.
Il retourne dans le sud de la France, là où tout a commencé, et se consacre pleinement à la sculpture.
Aujourd’hui, son travail s’inscrit dans cette continuité : une expression libre, habitée, où la matière devient langage.
"J'aborde la sculpture comme une expression universelle et intemporelle, en laissant parler la matière."
- Bruno Dournon


